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Entretien
avec Marc BoudinComment est née cette association et quels sont ses objectifs ?
Cette association est née en 2002 sous l’impulsion de trois enseignants français soucieux de former les enseignants aux nouvelles technologies de l’information et de la communication en tenant compte des usages d’internet et des attentes des professeurs, l’idée étant de leur offrir des contenus valides (photos, textes, vidéos...) et de les mettre en contact avec d’autres classes francophones de par le monde grâce à un site interactif et attrayant qui permette de mettre en place des projets pluridisciplinaires entre classes.
Ainsi, depuis 2003, Parcours le monde développe un réseau de collaboration éducatif au sein des pays francophones. En s'appuyant sur l'utilisation des nouvelles technologies, elle invite les professeurs des écoles, collèges et lycées à travailler avec des classes à l’étranger et à mettre en place avec elles une démarche de collaboration interactive. Notre volonté est de les inciter à utiliser les nouvelles technologies et à aller plus loin dans l’exercice de celles-ci afin d’en tirer le meilleur parti possible dans leurs pratiques pédagogiques.
L’association réalise également des programmes de formation au TIC dans les pays du Sud et invite enseignants et élèves à devenir les ambassadeurs de leur culture au travers des productions qu’ils mettent en ligne sur notre site.

Quels projets avez-vous mis en place avec les enseignants ?
Notre premier projet interactif a été monté au Québec, grâce au soutien de TV5 Monde et de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), avec les différents acteurs de la vie écologique. Les intervenants s’engageaient à répondre aux questions des jeunes, participaient à une visio-conférence et à un chat. Cette première étape a été un succès puisque près de 800 enseignants franco-québécois se sont inscrits sur le site et ont travaillé en commun à partir des contenus. Nous étions alors créateurs de contenus avec la mise en ligne de photos, vidéos et avons décidé de mettre en ligne une base de contenus, des contacts.
Suite à ce premier projet, des enseignants africains nous ont sollicités car ils souhaitaient se jumeler avec des francophones. En 2004, nous avons été contacté par un enseignant du Niger à propos des Jeux de la Francophonie qui devaient avoir lieu en 2005. Nous avons donc décidé de nous déplacer là-bas et de proposer cette fois aux enseignants et élèves de produire les contenus. Soutenus par l’OIF et le ministère français des Affaires étrangères, des formations, assurées par des spécialistes, sur l’utilisation des supports numériques, sur l’image, sur les techniques journalistiques leur ont été proposées et après une dizaine de jours, les élèves, très motivés et guidés, ont commencé à tenir une caméra, à réaliser des interviews tout seuls et à monter leurs films. Ils devaient produire chaque jour trois articles, une vidéo de 30 secondes à 1 minute 30 et en fin de projet la réalisation d’un documentaire de 26 minutes avec d’une part le regard du réalisateur sur l’apprentissage des techniques par les élèves et d’autre part des sujets réalisés par les élèves. Nous leur avons laissé du matériel afin qu’il continuent à faire des films, des reportages et des productions en français et quatre enseignants formés continuent à organiser des formations et à transférer les compétences acquises au sein de leur établissement.
Dans le même temps, de nouveaux partenariats nous ont permis de mettre de plus en plus de contenus sur certains sujets, en plus des documents produits par les enseignants. Tous ces documents (photos, vidéos, articles, interviews...) sont libres de droits et gratuits sur notre site et nous proposons également une base d’échanges qui permet de trouver des classes partenaires. Nous allons développer des visio-conférences individuelles.
Les yeux dans les
yeux
Parcours le monde, en collaboration avec l’association Groupe CITCS
Afrique (Communication internationale en technologie cultures et services
en Afrique), organise un concours de film court. Ce concours est ouvert
aux classes et aux associations. Les courts métrages devront être
filmés uniquement sur support numérique. Leur durée
sera comprise entre 30 secondes et 3 minutes (pour un poids maximum de
4 Mo). Date limite de participation : 31 mai 2007.
Vous étiez présents lors du dernier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Qu’avez-vous proposé lors de ce festival ?
Nous avons mis en place le même dispositif qu’au Niger dont le but était toujours d’apprendre à produire des contenus, avec cette fois-ci la volonté de faire découvrir la ville de Ouagadougou et également le cinéma africain qui n’a certes pas les mêmes moyens que le cinéma européen mais qui est très riche au niveau de l’écriture notamment.
Nous avons donc travaillé avec des élèves du lycée Vénègré qui ont filmé et produit des articles, grâce à l’aide de sept spécialistes (deux étudiants en journalisme, un réalisateur, un photographe, deux bénévoles). Nous avons également eu la chance de travailler avec les centres Aden, en régions, avec lequels nous avons pu réaliser, avec les élèves, un journal du web et un journal papier (exemple).
Les élèves ont pu faire 12 heures de film afin de réaliser, comme pour les Jeux au Niger, un documentaire de 26 minutes avec des portraits d’habitants de Ouagadougou et des interviews.
Quels obstacles ou difficultés rencontrez-vous pour monter de tels projets ?
Le principal obstacle est bien sûr d’ordre financier. Nous avons beaucoup de demandes de matériel (appareils photos, caméra) mais nous ne pouvons pas, faute de moyens, expédier ce matériel auprès des écoles, comme nous le souhaiterions. Toute offre d’aide est donc la bienvenue ! D’autre part, nous attendons toujours des financements afin de réaliser notre documentaire à partir des films tournés pendant le Fespaco. Deuxièmement, nous aurions besoin de plus de temps pour développer et mener à bien de nouveaux partenariats.
Quels sont vos objectifs à court/moyen terme ?
Nous souhaiterions continuer à développer le réseau, amener de plus en plus d’enseignants à produire des documents, et surtout développer des voyages pour que les élèves se rencontrent. Nous avons récemment accueilli un groupe de jeunes Inuits de passage en France, dans le cadre de l’Année polaire internationale et en partenariat avec la Cité des sciences et de l’industrie (lire l’interview de José Ortega de la Cité). Ces jeunes vont produire des documents (des vidéos avec deux réalisatrices, et un journal sur le site) sur leur vision de la France pendant ce voyage et avec des présentations de leur culture.

© Parcours le monde, Kangiqsualujjuaq
© Franc-parler.org : un site de
l'Organisation internationale
de la Francophonie