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Le
cinéma numérique ambulantLe Cinéma numérique ambulant (CNA), qui existe depuis 5 ans, regroupe des associations à but non lucratif installées au Bénin, au Mali, au Niger, en France, et en cours d’installation au Burkina Faso, au Cameroun et en Amérique latine. L'objectif principal de cette structure est de diffuser des films de fiction - accompagnés de documents audio-visuels destinés à sensibiliser les spectateurs aux problèmes de développement, de santé ou de société - dans des régions où le cinéma n'existe pas. Les CNA disposent pour ce faire de sept unités mobiles de projections numériques capables de se rendre dans des villages enclavés, excentrés, à l’écart des principales voies de communication, le plus souvent privés d’électricité et où existe peu d’accès à l’information.
Les zones d’intervention principales du CNA sont les zones rurales où l’accès à l’information et à l’image font le plus défaut. Les tournées se déroulent habituellement dans une zone identifiée avec les partenaires ponctuels et les autorités locales. Le principe consiste à organiser un circuit de dix villages où l’unité de projection se rendra dix fois. Il propose pour chaque séance un programme différent. Pendant cette période d’environ cinq mois, le CNA planifie aussi une dizaine de projections dans les quartiers de la ville à partir de laquelle il rayonne. Se rendre plusieurs fois dans un même village est en effet une garantie d’efficacité.
Tous les films diffusés, quand ils ne sont pas en langue locale, sont traduits en direct par des animatrices. Les projections sont organisées en deux parties.
Le CNA dispose d’un important fonds de documents audiovisuels de sensibilisation qui traite de sujets divers (prévention du sida, du paludisme, éducation, hygiène, santé, vaccination, mariage précoce, excision, droits des femmes et des enfants, etc.). Ces films proviennent de partenaires, des télévisions, des associations, des institutions et ONG. Ils apportent des éléments d’information et de connaissance souvent ignorés. Certains font l’objet de série et permettent ainsi un effet didactique en abordant un ou des sujets sous des angles divers et souvent croisés. Chaque projection est suivie d'un débat.
Le CNA dispose de films principalement africains dont les droits ont été acquis ou lui ont été donnés. Projetés devant des publics le plus souvent profanes, les films africains, sur le mode de la comédie ou de la tragédie, trouvent leur place. La sensibilité des spectateurs aux grands thèmes de société qu’ils soulèvent, sous des formes et à des degrés critiques divers, est forte. De cette façon, les longs métrages diffusés renforcent le message des films de "sensibilisation". En tout état de cause, ils contribuent à la culture de l’image et donc à l’éducation. Par nature, le CNA ne se situe pas sur un terrain concurrentiel avec les réseaux cinématographiques classiques. Au contraire, la connaissance de l’existence de cinémas d’Afrique, le plaisir que les villageois en retirent, peut laisser espérer la constitution d’un nouveau public, fidèle à la production cinématographique africaine. Tous les films diffusés, quand ils ne sont pas en langue locale, sont traduits en direct par les animatrices.
Longs métrages
L’enfant noir de Laurent Chevalier
Circus Baobab de Laurent Chevalier
Djembfola de Laurent Chevalier
Un héros de Zézé Gamboa (portugais sous-titré
en français)
La caméra de bois de Ntshavsheni Wa Luruli (anglais sous-titré
en français)
Lili et le Baobab de Chantal Richard
Lumumba de Raoul Peck
Free Style de Caroline Chomienne
Little Sénégal de Rachid Bouchareb
Keita, l’héritage du griot de Dany Kouyaté
(bambara sous-titré en français)
Les enfants du pays de Pierre Javaux
Kirikou et la sorcière de Michel Ocelot
Kirikou et les bêtes sauvages de Michel Ocelot
Sia, le rêve du python de Dany Kouyaté (bambara
sous-titré en français)
Le médecin de Gafire de Moustapha Diop
Gadjo Dilo de Tony Gatlif
La qualité de la projection est un atout majeur. L’écran mesure quatre mètres par trois. Les copies des films sont de bonne qualité. Le matériel est régulièrement entretenu. Il est important de respecter le public issu de sociétés dont l’histoire et la culture s’inscrivent dans une tradition de l’oralité et du geste même si les habitants des villages, dont la culture traditionnelle est riche, ne connaissent pas les formes contemporaines de la création artistique africaine. La projection sur grand écran implique intensément les spectateurs. Elle instaure un rapport physique, visuel et auditif, qui sollicite fortement l’attention.
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Des membres du CNA Natitingou (Bénin)
Le CNA France reçoit des demandes d’aide à la mise en place d’unités de projection venant de nombreux pays (Sénégal, Burundi, Congo, Guinée, Gabon, Cameroun, Togo, Chili, Caraïbes, Bolivie, etc.) Celles provenant du Burkina Faso sont fréquentes. Au Cameroun, une association CNA Cameroun s’est créée autour de l’association Espace Lumière. Les unités de projections du CNA Mali se sont déjà rendues à quatre reprises au Burkina Faso, en accord avec la Direction nationale de la cinématographie, dans le cadre de différents contrats ou partenariats. Depuis deux ans presque 100 projections y ont été organisées. Des liens se sont créés avec une association locale (Loniya), un traducteur burkinabé a été engagé et travaille aujourd’hui à Sikasso avec le CNA Mali. Ces raisons font que la création d’un CNA Burkina Faso est possible aujourd’hui.
S’inspirant de l’action du CNA Mali pour les Rencontres africaines de la photographie, et pour répondre à des demandes fréquentes de partenaires, le CNA développe également un projet d’éducation à l’image en direction de son public cible. Le but est de faire réaliser un film et des photos, en utilisant la technologie numérique, dans chaque village recevant les tournées régulières des unités du CNA (chaque unité de projection sera dotée de nouveau matériel : un appareil photo et une caméra numérique, un ordinateur et des logiciels de montage, un second groupe électrogène). Il s’agit d’aller vers les populations pour non seulement les informer, les sensibiliser, leur donner un accès à une culture authentique mais aussi leur donner la parole, un nouveau moyen d’expression par l’image.
Charte des CNA
Article 1 : Les unités de projections sont des outils culturels.
Elles permettent d’apporter aux villages enclavés et isolés,
une ouverture au monde par le moyen du cinéma dans une ambiance
festive.
Article 2 : Les CNA cherchent les moyens de revenir plusieurs fois
dans les mêmes villages. Revenir régulièrement dans
les villages renforce l’impact des projections
Article 3 : Les CNA recherchent en permanence la qualité de
la projection. Qualité technique et qualité humaine, entretenir
de bons rapports avec le public, avec les autorités et les notables
des villages est essentiel.
Article 4 : Les CNA luttent contre le piratage, respectent les règles
en vigueur et cherchent les possibilités de rémunération
des auteurs et producteurs des œuvres pouvant être diffusées.
Article 5 : Les structures associatives des CNA, les unités
de projections sont solidaires entre elles. Elles communiquent, s’entraident
et pratiquent des échanges de personnels. Elles rédigent
régulièrement des rapports sur leurs activités. Rapports
dont bénéficient l’ensemble des associations CNA.
Article 6 : Les CNA sont des associations laïques. Les CNA refusent
toute implication religieuse et politique dans leurs actions. Chaque membre
ou salarié des CNA étant libre de s’engager comme
il l’entend, sans que cela nuise à l’action des unités
de projections.
Article 7 : Les CNA cherchent la juste rémunération
des personnes employées. Dans une économie donnée,
la référence à certains salaires des pays concernés
doit servir de base à la grille des salaires pratiquée par
les CNA (Salaire minimum légal, salaire des instituteurs, salaire
des fonctionnaires, salaire des personnes employées dans les centres
culturels et dans les ONG.
Article 8 : Les CNA reversent un pourcentage de leurs recettes sur
un compte permettant de gérer les frais de communications et l’achat
des droits de diffusion des films. Ce compte est géré provisoirement
par le CNA France.
Article 9 : Les CNA s’engagent, à faire respecter un
cahier des charges précis, pour chaque village concerné.
Il est essentiel, de mettre en place les conditions d’un échange
de principe avec les villages. Le cinéma n’est pas gratuit,
même si il n’est pas demandé au public de payer individuellement
sa place. Les villages bénéficiaires s’engagent dans
la mesure de leurs moyens pour recevoir les projections de films.
(Sources : documents de présentation du CNA)
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